Ozempic, Wegovy, Mounjaro… : pourquoi le médicament seul ne suffit pas toujours ?

Ozempic, Wegovy, Mounjaro… : pourquoi le médicament seul ne suffit pas toujours ?

​Pourquoi l’accompagnement par un professionnel est essentiel dans un parcours GLP-1 ?

Les traitements GLP-1 comme Ozempic, Wegovy ou Mounjaro ont profondément transformé la prise en charge de l’obésité chronique et du surpoids. Pour beaucoup de personnes, ces traitements représentent enfin une solution efficace après des années de régimes, de frustration, de culpabilité ou de reprise de poids.

Mais une réalité est aujourd’hui de plus en plus reconnue : prendre un traitement GLP-1 ne suffit pas toujours à garantir la réussite du parcours sur le long terme.

Les recherches récentes et les retours du terrain montrent qu’un grand nombre de patients interrompent leur traitement dans la première année. Une étude publiée en 2024 dans le JAMA Network Open (“Persistence and Adherence to Glucagon-Like Peptide-1 Receptor Agonists for Obesity Treatment”), portant sur près de 196 000 patients, a montré que plus de 50 % des personnes traitées pour l’obésité seule avaient arrêté leur traitement GLP-1 après 12 mois. Les raisons évoquées incluent notamment les effets secondaires, le manque de soutien, les difficultés du quotidien ou encore la difficulté à maintenir les changements nécessaires dans la durée.

Car un parcours GLP-1 ne se résume pas à une simple perte de poids. Il peut transformer profondément la relation à l’alimentation, au corps, à l’image de soi, aux habitudes quotidiennes et même à l’identité personnelle. Certaines personnes vivent une perte d’appétit importante sans savoir comment adapter leur alimentation. D’autres se retrouvent déstabilisées par la rapidité des changements physiques ou émotionnels. Beaucoup découvrent que, même lorsque la faim diminue, les habitudes, les automatismes ou les comportements émotionnels restent présents.

C’est précisément pour cette raison que l’accompagnement devient essentiel.

Aujourd’hui, plusieurs recherches montrent que les traitements GLP-1 donnent de meilleurs résultats lorsqu’ils sont associés à un accompagnement comportemental et humain. Une publication scientifique de 2024 intitulée “Health and Well-Being Coaching to Support GLP-1 Therapy” souligne notamment que l’accompagnement comportemental améliore l’adhérence au traitement, la compréhension du médicament et la capacité à construire des habitudes durables autour de l’alimentation, du sommeil et du mode de vie.

D’autres analyses menées sur des programmes associant GLP-1 et coaching comportemental vont dans le même sens. Les données publiées par Omada Health sur des patients suivant à la fois un traitement GLP-1 et un accompagnement comportemental ont montré que les personnes les plus engagées dans le coaching obtenaient généralement de meilleurs résultats de perte de poids et une meilleure continuité dans leur parcours.

Une étude britannique rétrospective menée sur plus de 8 000 patients dans un programme combinant médecins, pharmaciens et accompagnement humain (“Patient Adherence to a Digital Real-World GLP-1RA Supported Weight Loss Program in the UK”) a également montré que les effets secondaires et les difficultés du quotidien représentaient une part importante des causes d’arrêt du traitement. Cette réalité met en évidence l’importance d’un accompagnement permettant d’aider les patients à mieux comprendre et traverser ces périodes plus difficiles.

L’objectif du coaching n’est pas de remplacer le médecin. Le suivi médical reste indispensable et relève exclusivement des professionnels de santé. Le rôle de l’accompagnement est différent : il consiste à aider la personne à traverser concrètement et humainement les changements liés au traitement.

L’accompagnement spécialisé dans les parcours GLP-1 inclut également une compréhension du travail en complémentarité avec les professionnels de santé. Lorsque cela est nécessaire, l’accompagnant peut travailler dans une approche collaborative avec l’équipe médicale, les médecins, psychologues, coachs sportifs ou autres professionnels impliqués dans le parcours de la personne, afin de favoriser une approche plus globale, cohérente et adaptée aux réalités physiques, émotionnelles et comportementales du traitement.

Un accompagnement spécialisé permet notamment :

  • de mieux comprendre le fonctionnement des traitements GLP-1 ;
  • d’anticiper et mieux vivre certains effets secondaires ;
  • de retrouver des repères dans le quotidien ;
  • de construire des habitudes réalistes et durables ;
  • de prévenir les cycles de découragement ;
  • de mieux comprendre sa relation à l’alimentation ;
  • et d’accompagner les transformations émotionnelles et identitaires liées à la perte de poids.

Dans un domaine aussi récent et en constante évolution, il est important que les professionnels accompagnant les parcours GLP-1 disposent d’une véritable expertise et d’une formation spécifique sur le sujet. Comprendre le fonctionnement des médicaments, leurs effets secondaires, leurs impacts comportementaux et émotionnels, ainsi que les enjeux liés à la santé mentale et à la transformation de l’image de soi, est aujourd’hui essentiel pour proposer un accompagnement sérieux, réaliste et adapté à la réalité vécue par les patients.

Le véritable enjeu n’est pas seulement de perdre du poids rapidement. Le véritable enjeu est de réussir à construire un changement durable, stable et compatible avec la réalité de la vie quotidienne.

Car la réussite d’un parcours GLP-1 ne dépend pas uniquement du médicament lui-même. Elle dépend aussi de la capacité à comprendre son fonctionnement, à adapter progressivement son mode de vie, à traverser les périodes difficiles et à transformer durablement sa relation à soi-même, à son corps et à son alimentation.

Et c’est souvent dans cet espace, entre le traitement médical et la réalité du quotidien, que l’accompagnement prend tout son sens.

Références scientifiques :

Sophia AYAT

Professeur

Coach certifiée et Facilitatrice de changement